samedi 9 octobre 2010

Le bébé de Yenduma







Amadou veut nous emmener dans le village de sa mère, Yenduma. Avec de bons yeux, vous pouvez repérer le nom sur la carte. Au nord de Sanga. C'est un village isolé qui s'accroche littéralement à la falaise.



Il est prévu que nous dormions sur le toit de la maison de ses cousins, mais le destin en a décidé autrement. Nous arrivons assez tard dans l'après-midi, après une piste caillouteuse pire que celle de Tombouctou. Une jeune femme de sa famille est sur le point d'accoucher, mais ça ne se passe pas très bien; aussi on décide de transformer le 4X4 en ambulance et de la conduire à l'hôpital le plus proche, à Sanga.



Promenade rapide dans le village pendant qu'Amadou 2 se charge des préparatifs; et nous repartons, alors que la nuit tombe, par une piste démente, et je prie pour que Bébé attende l'arrivée à l'hôpital.



Quelques vues de Yenduma; si vous en voulez davantage, allez voir sur le blog de mon deuxième voyage; je suis retournée avec Jérôme à Yenduma et nous avons dormi sur le toit...



Le pays dogon







A Tombouctou, Amadou rongeait son frein, et maintenant le voilà tout heureux de nous conduire chez lui... Trajet en sens inverse, bac, piste poussiéreuse, arrêt-lunch à Douentza, et nouvelle piste vers la falaise dogon.



Cette falaise s'étend sur 150 km, apparition incongrue dans ce désert; au sud-est de Mopti et du Niger; la ville principale est Bandiagara, mais nous séjournerons à Sanga.



Les Dogon, peuple d'origine mystérieuse, se sont installés sur et sous la falaise, après avoir chassés les précédents habitants, les Tellem. Ils constituent une des ethnies les plus fascinantes de l'Afrique. Longtemps isolés sur leur falaise, ils ont gardé intacts leurs traditions, leurs maisons, leurs greniers, leurs cultures. Le tourisme a fait son apparition, là comme ailleurs; mais heureusement, les difficultés d'accès, pistes presqu'impraticables, sentiers de montagne vertigineux, escaliers acrobatiques limitent sérieusement ce dernier aux trekkeurs aventureux. Les groupes logent à Bandiagara ou à ...Sanga.



Photos: de loin la falaise fait penser aux...Dolomites ! En se rapprochant, on découvre avec stupéfaction les fameux greniers dogon...

Marché à Tombouctou







La principale attraction d'une ville africaine, c'est son marché. Le marché aux bestiaux est tenu par les hommes, en plein air, et celui des femmes est couvert de vieilles nattes. Il semble que toutes les mouches du Sahara se soient données rendez-vous dans cet endroit. Les femmes touareg, contrairement aux hommes, ne se voilent pas le visage; elles s'habillent généralement de noir. Dans la pratique, il est difficile de les distinguer des femmes songhai aux tenues colorées. Ou peut-être les femmes touareg ne tiennent-elles pas boutique ??

Chameaux pour touristes











Et les chameaux, me direz-vous, ils ont disparu ? Pas du tout - mais nombre de Touareg se sont reconvertis dans le chameau touristique; on emmène les amateurs à une heure de balade balancée dans le désert, et on s'arrête près d'une tente (ouverte, à la mode targui), soi-disant habitée par une dame qui vous offre le thé traditionnel, avant de sortir les babioles industrielles qu'elle souhaite vous vendre, en prétendant qu'il s'agit de bijoux de famille. Une sorte de théâtre auquel nous nous sommes prêtés; après tout c'est de bonne guerre, ces gens ont peu de ressources et profitent de la naïveté du chaland.
Il ne faut cependant pas bouder l'excursion: elle a un côté magique - on est quand même dans le désert de Tombouctou ! Et peu nombreux les voyageurs qui se risquent plus loin... Les alentours de la ville sont en fait un campement de cabanes disséminées, Bella, Touareg, jeunes désoeuvrés, ânes, mobylettes et radio cassettes, et filles qui vont remplir le seau qu'elles portent sur la tête.

Les fiers Touareg











Disons-le franchement, ils ont fière allure, cachés derrière leur chèche, dans leurs grandes robes flottantes; mais ne voir que les yeux vous laisse un malaise: que pensent-ils ?




Certains ont abandonné le chameau pour le pick up, et le téléphone portable a fait son apparition...

Tombouctou (3)











A côté de cette misère, on découvre quelques vestiges de l'époque glorieuse de la ville (quand elle était interdite aux non-musulmans), portes et fenêtres ouvragées manifestement restaurées; maisons habitées par les premiers voyageurs; musée poussiéreux; la grande mosquée (qui était à cette date en restauration, programme soutenu par l'occident); mais la ville ordinaire ressemble plus à un cloaque délabré.

Tombouctou (2)




Tombouctou est peuplée de Songhai sédentaires et de Touareg semi-sédentaires ou de passage. Difficile de dire qui est le plus arrogant... Dans ces misérables huttes vivent les Bella, esclaves héréditaires des Touareg -ici on dit captifs - leur destin est d'accomplir les basses besognes contre protection. Tombouctou est à la lisière du désert, après la ville commence le grand Sahara, seulement parcouru par les caravanes, qui transportent encore le sel - et se cherchent une raison d'être dans ce monde changeant. Dire que le désert est souillé, c'est un euphémisme...